La ligne de feu, c'est le bord d'un espace désert où seule la mort habite.
Paul Cazin

La guerre a aussi son histoire qui n'est pas la grande histoire mais celle des combattants, elle possède sa propre chronologie ses drames. D'abord il y eu les illusions du départ et très vite la sordide réalité des tranchées, les offensives vaines, les camarades accrochés aux barbelés, d'autres se noyant dans la boue nourrie du sang des morts, les gaz, les pilonnages, les poux, les rats, le froid, la maladie..
L'enfer pour les français fut Verdun, pour les allemands et les anglais la Somme et les Flandres, pour les italiens l'Isonzo, pour les Russes la grande retraite de 1915.
La vie dans les tranchées avait ses propres règles, ses coutumes, ses rythmes. Il est peu de combattants qui n'en vécurent les épisodes. La durée du séjour y était variable : le temps qu'une section meure et que vienne la relève. Il fut retrouvé dans les poches des morts des papiers, des notes, d'autres ont écrit après la guerre partant du journal ou était consigné chaque jour leur sort misérable. Une petite partie de ses témoignages est rassemblée ici. Il marque d'une façon significative la vie des tranchées : L'arrivée, les pilonnages, l'attaque, les blessés, les morts, la fraternisation, et le retour.